Le 9 novembre 2025, dans les locaux de l’Union syndicale Solidaires à Paris, nous organisions aux côtés de l’Observatoire Terre-Monde (OTM) une rencontre entre plusieurs acteur⸱ices en lutte contre les économies coloniales : Stop Arming Israel France, Désarmer Bolloré (coalition dont Attac est membre), le Collectif des ouvrier⸱es agricoles empoisonné⸱es par les pesticides (COAADEP), le Mouvement Kanak en France (MKF) / la Cellule de Mobilisation Parisienne pour la Kanaky (CMPK), et la Fondation Frantz Fanon (FFF) ; ainsi qu’un expert économique sur la vie chère dans les pays dits d’Outre-mer.

Cet article regroupe toutes nos productions existantes à ce jour pour :

  • valoriser notre enquête « Désarmer GBH » et ses outils, avec la vidéo complète de notre arpentage ainsi que la publication de deux tutoriels sur les outils, destinés à améliorer nos capacités d’investigation collective ;
  • rendre honneur aux interventions de qualité qui ont animé cette journée, en proposant les vidéos complètes de leurs auteur⸱ices, mais aussi une synthèse de leurs analyses, accompagnée de pistes de solutions et actions concrètes.

Présentation du rapport « Désarmer GBH »

La rencontre s’est ouverte avec un arpentage collectif de nos outils d’enquête sur le Groupe Bernard Hayot (GBH), géant de la distribution ultramarine. Fruit d’un travail entre VNPS et l’OTM, ces outils comportent une cartographie mondiale des établissements de GBH ; ainsi qu’un graphe des filiales qui expose les rouages de cet empire économique.

Version complète de l’arpentage du rapport « Désarmer GBH » (9 novembre 2025)

Mise en ligne de deux tutoriels pour enrichir la cartographie et exploiter le graphe des filiales

Afin de rendre ces outils accessibles au plus grand nombre, et améliorer nos capacités d’investigation collective, nous avons depuis conçu et mis en ligne deux tutoriels (un par outil) pour :

  • enrichir la carte des établissements : nous y proposons des pistes pour chercher leurs noms d’enseignes manquants et améliorer leur localisation (pour les adresses déclarées approximativement) ;
  • exploiter le graphe des filiales : nous y proposons des pistes pour accéder aux informations financières d’une société et retrouver les données manquantes.

Croisement des luttes et partage des modes d’actions

Cette séquence était composée de regards croisés entre expert⸱es et militant⸱es pour nous partager idées en méthodes en vue d’un démantèlement des économies coloniales, des Outre-mer au reste du monde. Sont intervenu⸱es :

  • Loïc Fournil, porte-parole de Stop Arming Israël France : il revient sur l’ampleur et la nature des ventes d’armes par la France à Israël, ainsi que les stratégies de son collectif pour désarmer le génocide palestinien. Le 9 novembre également, Stop Arming Israël publiait la deuxième édition de leur Guide des entreprises françaises d’armement complices d’Israël.
  • Jane-Léonie Bellay, membre du bureau national d’Attac France, membre de la coalition Désarmer Bolloré : faisant le lien entre les empires Bolloré et GBH, Jane-Léonie décrypte les rouages d’un empire organisant l’exploitation et le pillage de l’Afrique sous couvert de développement, et avec la complicité des gouvernements, contre lequel se dressent les luttes locales et altermondialistes.
  • Christophe Girardier, président du cabinet de conseil Bolonyocte Consulting : loin de limiter son analyse de la situation économique dans les Outre-mer à la question des prix, Christophe Girardier met en cause le modèle économique hérité directement de la colonisation, l’abus de position dominante ainsi que les pratiques anti-concurrentielles de GBH.
  • Lilith, responsable communication du COAADEP : elle revient sur les racines du crime d’État et scandale sanitaire du chlordécone, qui meurtrie encore aujourd’hui la terre et les corps des Antilles françaises (Martinique et Guadeloupe).
  • Christian Fizin, vice-président du MKF et président du CMPK : il rappelle les pratiques coloniales de la France en Kanaky et du “choc en retour” (Aimé Césaire) que connaissent les habitants de l’hexagone. En effet, les pratiques de répressions coloniales sont d’abord testées sur les populations colonisées avant d’être déployées sur le reste des territoires contrôlés par la France.
  • Mireille Fanon, co-présidente de la FFF : soulignant à la fois l’importance du droit et ses contradictions, Mireille Fanon montre que celui-ci n’a jamais véritablement été du côté des territoires ultramarins, en s’appuyant notamment sur des exemples comme le crime de vagabondage. Elle rappelle également l’enjeu majeur que représente la reconnaissance du crime contre l’humanité commis à l’encontre des populations ultramarines (un crime qui, à ce jour, n’a jamais été officiellement reconnu).

Leurs interventions engagées et passionnantes sont accessibles en intégralité en cliquant sur leurs noms, ou encore en suivant ce lien.

Synthèse des interventions et pistes de solutions

Pour appréhender plus facilement leurs interventions, nous vous proposons ce format plus compact qui résume en une page leurs analyses et pistes de solutions pour déchouké les économies coloniales. Qu’elles passent par les voies institutionnelles ou par le tractage, le boycott, le plaidoyer, et le rapport de force, ces pistes donnent à voir la richesse des modes de résistance envisageables pour lutter de là où l’on est.

Télécharger la synthèse des interventions