Accueil



Vous n’êtes pas seuls est une association à but non lucratif, née d’une forte solitude face aux injustices et aux ravages indissociables de notre civilisation. Elle a pour but d’accompagner des salariés souffrant d’une fracture entre leur travail et leurs valeurs, d’accumuler des connaissances d’initiés sur les nuisances de leurs secteurs, de diffuser les témoignages de leur rupture, tout en s’inspirant des alternatives prometteuses existantes.

Sa raison d’être est de créer des passerelles vers les archipels de résistances écologiques et sociales.

Participez à l’offensive écologique depuis votre position professionnelle


Manifeste

Lecteurs, lectrices,

Depuis que nous avons pris conscience du désastre écologique qui rythme notre monde, et ne cesse de s’amplifier, nous nous sommes dit que les choses devaient changer.

De l’engagement civique et petits gestes…

Alors, nous avons trié nos déchets, acheté local, réduit nos voyages, pris des douches courtes, et rien n’a changé. Nous avons signé des pétitions, marché pour le climat, nous avons voté vert. Et rien n’a changé.

Alors, nous nous sommes renseignés, avons lu les rapports du GIEC, découvert les théories de l’effondrement, fait le lien entre les luttes sociales et le massacre des écosystèmes. Et notre angoisse ne nous a plus quitté.

… à la remise en question de son travail

Passée une phase douloureuse mais malheureusement inévitable de désespoir, nous avons commencé à interroger les causes profondes de ces ravages actuels.

De ce fait, plutôt que de s’attaquer inlassablement aux symptômes (déforestation, surpêche, pollution, réchauffement climatique, artificialisation des sols, etc.), sans succès, nous avons interroger ce à quoi nous occupions la plus grande partie de nos journées : notre travail.

C’est ainsi que nous avons pris conscience du privilège de nos positions professionnelles, avons interrogé leurs conséquences sur la société et l’environnement.

Si les petits gestes du quotidien s’avèrent être insuffisants pour endiguer le désastre, les actions au sein de nos entreprises pourraient l’être bien davantage.

Nous avons ainsi rigoureusement analysé les contradictions de nos employeurs, qui les condamnent, trop souvent, à falsifier la réalité en la peignant en rose ou en vert.

Changer les choses de l’intérieur ?

Alors nous avons fait de notre mieux pour bouger les lignes de l’intérieur.

  • Nous avons décortiqué les stratégies environnementales et sociales de nos secteurs, de nos employeurs, de nos postes
  • Nous avons répertoriés leurs défaillances et nuisances structurelles
  • Nous avons développé des propositions d’actions d’atténuation et/ou d’adaptation au changement climatique, à la décarbonisation de notre secteur, à sa compatibilité aux urgences socio-écologiques — de la plus simple à mettre en oeuvre à la plus complexe
  • Nous avons rédigé des rapports, des synthèses, des notes compilant toutes ces informations, à l’intention de nos hiérarchies
  • Nous avons soutenu les conclusions de ces rapports à l’oral, à l’écrit auprès de nos supérieurs, des équipes en charge des critères Environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ou de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), des curieux et des alliés
  • Nous avons fait notre possible pour les sensibiliser, les convaincre et les pousser à l’action

Nous espérions — ne serait-ce qu’un peu — détourner, réformer, humaniser nos industries, nos employeurs, nos postes.

En vain.

Exerçant dans des multinationales, il n’y avait presque aucune chance pour que l’issue de notre confrontation soit favorable. Nous nous sommes confrontés à des méga-structures dont l’inertie est colossale, dont la domination est quasi totale, et en constante expansion.

Pour le dire autrement, nous étions embarqués dans un train fou, sans freins, lancé à grande vitesse et qui n’a pas, ou plus, de conducteur.

Nous avons donc décidé de sauter du train, tant qu’il en était encore temps.

« Fuir, mais en fuyant, chercher une arme »

G. Deleuze et C. Parnet, Dialogues (1977)

Car l’objectif n’était pas juste de quitter un travail, vaincus et lassés.

Compte tenu de ce qui était en jeu et de la force de nos convictions, nous avons cherché à créer un rapport de force contre nos employeurs, en rendant publiques nos témoignages.

Dans la continuité de cette démarche, nous avons décidé de généraliser cette lutte offensive écologique et d’aider d’autres comme nous à répondre à deux questions essentielles concernant leur métier : Comment participer à l’offensive écologique depuis sa position professionnelle ? et pour quoi, quelle(s) alternative(s) ?

C’est à ces deux questions que Vous n’êtes pas seuls prétend répondre.

Mise en garde


Notre but ici n’est pas de convaincre de l’urgence, mais de quoi faire une fois que vous en êtes convaincus : convaincus que les États, les grandes fortunes, les banques, ou les multinationales ne feront jamais rien pour mettre fin au ravage, car leurs pouvoirs, leurs richesses, leurs influences, leurs dominations, ont dépendu et dépendent toujours du ravage de la Terre et de l’exploitation des Hommes.

Nous nous adressons donc à ceux qui l’ont compris, et souhaitent désormais riposter.

Si ce n’est pas le cas, nous ne saurions trop vous conseiller de faire un tour dans nos Références et/ou suggestions de Médias.

Comment ?

L’enjeu est de déterminer comment participer à l’offensive écologique depuis une position professionnelle.

Vos employeurs, tout comme vos collègues, sont au mieux dans le déni et l’ignorance, au pire dans le cynisme.

Si vous êtes convaincus, c’est à vous d’agir.

Tout d’abord en accumulant toutes les connaissances relatives à votre poste, votre entreprise, et votre secteur d’activité. Puis, en synthétisant ces informations, pour en faire part à votre hiérarchie. Nous savons d’expérience, que le rapport de force est terriblement déséquilibré, mais si même vous, vous qui avez rempli toutes les conditions pour gagner votre légitimité et intégrer ce milieu, vous n’osez pas : alors qui d’autre le fera ? Compte tenu de ce qui est en jeu, soyez convaincants !

Rester dans le train, ou rejoindre la résistance

Si vous vous heurtez toujours au déni, à l’ignorance ou au cynisme, à vous de choisir si vous voulez rester dans le train, c’est-à-dire conserver votre emploi, ou rejoindre la résistance.

Vous penserez certainement que la mise en lumière des nuisances que vous avez constatées constitue un lieu commun. Or, il est plus que jamais nécessaire de les rendre publiques, et votre voix, en tant que professionnel du secteur, a une portée que vous n’imaginez pas.

En effet, votre témoignage atteint publiquement la précieuse image de marque de ces institutions destructrices, expose leurs écocides et exploitations humaines, mais surtout, il donne une lueur d’espoir, voire du courage, à ceux qui n’en avaient plus.

Alors soyez courageux :

Lancez l’alerte !


Cette étape est extrêmement éprouvante. Mais dites vous bien une chose…

Vous n’êtes pas seuls !

Et c’est ici que cette phrase prend tout son sens. Car si vous le souhaitez, tout au long de ce processus, notre association sera à vos côtés pour vous aider, vous conseiller et vous soutenir.

Pour quoi ?

Cette étape est dédiée aux solutions envisageables pour ne plus subir, s’émanciper de cette manière destructrice d’habiter la Terre, mettre en pratique une autre façon de vivre ensemble et de se rapporter aux milieux vivants.

L’idée n’étant pas de quitter une occupation nuisible pour une autre, mais d’œuvrer à :

Résister aux fausses solutions

Restaurer le monde naturel

Mettre fin aux destructions en cours

Nous sommes nous-même en train de tâtonner dans ce nouveau paradigme, et c’est une aventure que nous devons entreprendre collectivement.

Nous avons tellement été conditionnés au conformisme, de la cour d’école à l’open-space, que nous avons troqué l’étendue hier encore luxuriante de nos imaginaires en un vaste désert pour la monoculture du Même et du Plus.

Vous ne sauriez sonder la profondeur de votre créativité, tant que vous serez en conflit entre vos aspirations et ce qui occupe la majeure partie de vos journées.

Et une fois de plus : vous n’êtes pas seuls.

Pour cette section, nous n’avons pas de protocole rigide et établi, où il ne resterait plus qu’à signer et acquiescer.


Seulement, des alternatives existent :

égalitaires

respectueuses du vivant

régénératrices des écosystèmes

aux technologies douces et démocratiques

et nous faisons de notre mieux pour les mettre en lumière

Ne nous laissez pas seuls.

Mathilde et Jérémy


… Ainsi fut pensé notre logo : un écho aux luttes passées, notamment le marronnage.

Il désigne une résistance à l’emprise du maître, à la monoculture intensive de ses plantations. Dans la défense de leurs lieux de vie et de refuge, les marron.ne.s incarnent l’une des premières écologies populaires.

De cet imaginaire puissant, hérité du monde créole, découle aussi le symbole de la conque de lambis, ancêtre du mégaphone soufflant l’alerte, dépassant ainsi la seule histoire de l’esclavage colonial.

Comme ces fugitifs, nous avons choisi de déserter, de riposter.

Révolté.e solitaire : entends le son du ralliement !

Participez à l’offensive écologique depuis votre position professionnelle